Pour une approche dynamique des organisations

L’équilibre par le mouvement ou la preuve par l’hover-board…

Quelle drôle d’idée que cette notion d’équilibre par le mouvement pour aborder la question de la dynamique des organisations. Le paradoxe apparent entre « équilibre » et « mouvement » pourrait laisser croire à une profonde antinomie. C’est un peu comme si nous disions que l’ordre et le chaos étaient intrinsèquement liés.

N’est-ce pas là tout le paradoxe du management ? Nous pensons qu’il s’agit avant tout des enjeux du management paradoxal :

  • Assurer l’équilibre pour favoriser les mouvements
  • Favoriser les mouvements pour assurer l’équilibre
  • Assurer l’ordre en favorisant le chaos et inversement…

Cette idée d’apparence farfelue souligne toute l’importance du « ET » et du « OU ». C’est peut-être un héritage de notre formation technique, mais nous retrouvons dans ce principe du « ET » et du « OU », les fondements de toute la logique électronique… Equilibre ET mouvement sont intrinsèquement liés, tout comme l’ordre ET le chaos…

Peut-on véritablement parler d’équilibre sans mouvement ? Evidemment non. Le funambule n’est funambule que lorsqu’il est en équilibre sur un fil. Mais essayons (à une faible hauteur du sol bien sûr) d’être en équilibre sur un fil sans bouger, et donc sans mouvements… Le résultat est garanti… Essayons également d’être en équilibre sur un vélo sans bouger. Là aussi, le résultat est garanti…

Nous vous conseillons d’essayer l’Hover-board pour prendre conscience et ressentir l’ensemble des relations qui existent entre équilibre et mouvement et qui traversent le quotidien de toute organisation…

C’est avec ma fille, Elise, que j’ai pleinement pu faire le lien entre équilibre et mouvement… Dans un premier temps, j’ai essayé de tenir en équilibre sur cet objet. Le résultat a été immédiat, tout comme un funambule immobile sur un fil… Puis, je me suis dit que l’objectif de cet objet était le mouvement… Et là, j’ai trouvé l’équilibre par le mouvement…

Mais alors, quels liens pouvons-nous faire entre l’Hover-board, le funambule, le vélo et les organisations ?

La systémique comme clé de compréhension

Nous pensons que la notion de « système » peut nous aider à prendre pleinement conscience de ce qui se joue dans l’articulation entre « mouvements » et « équilibres ».

En effet, un « système » peut être défini comme « un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d’un but » (Joël De Rosnay – Le macroscope)

Quel était mon but lorsque je suis monté sur l’Hover-board ? Quel est l’objectif de celui, ou celle, qui monte sur un vélo ? Quel est l’objectif du funambule ? Enfin, quel est l’objectif du dirigeant d’une organisation ?

Le but, la finalité sont ainsi des éléments clés dans l’articulation des mouvements et des équilibres de tout système. Une sorte de « phare »… Néanmoins, l’attrait du grand large ne suffit pas à faire de nous un grand navigateur. Tout comme l’attrait du bénéfice ne fait pas de nous un bon dirigeant ou un grand manager. C’est ce que souligne Peter SENGE dans « la cinquième discipline » :

« Faire de l’argent pour une entreprise, c’est comme l’oxygène pour une personne ; si vous n’en avez pas assez, vous êtes condamné » (Peter DRUCKER). Néanmoins, « la rentabilité est une exigence de performance pour toutes les entreprises, mais ce n’est pas une finalité. Les entreprises qui considèrent les bénéfices comme leur finalité principale ressemblent aux personnes qui pensent que respirer est la seule finalité de la vie. Elles ratent quelque chose » (Peter SENGE).

Il ne suffit pas de vouloir faire du vélo pour savoir faire du vélo. Cette vision (vouloir faire du vélo) doit s’accompagner des mouvements nécessaires pour savoir-faire du vélo. Il ne suffit pas de vouloir être un funambule pour savoir traverser un canyon sur un fil. Il ne suffit pas de vouloir piloter une organisation performante pour la rendre effectivement performante.

Les liens entre la vision, la pensée et l’action sont essentiels à l’atteinte de ce point d’équilibre. Il ne suffit pas, en effet, de montrer le chemin pour réaliser le parcours. Tout comme marcher sans objectif doit être assez vite lassant…

Et si les organisations obéissaient également à ces lois naturelles de la pesanteur d’Isaac Newton ?

Vision (Sens, direction), Pensée (Conception) et Action (Réalisation) ne sont-ils pas les trois éléments en interactions permanentes qui déterminent les mouvements et les équilibres des organisations ? Inversement, pourrait-on expliquer l’immobilisme et les conflits de certaines organisations par l’absence, ou la panne, de l’un de ces éléments?

C’est tout l’enjeu de la « tension créatrice » soulignée par Peter SENGE : « En l’absence d’une puissante motivation vers un but que ses membres veulent réellement atteindre, les pesanteurs favorables au statu quo prennent le dessus. La vision crée un objectif qui transcende tous les autres et engendre une nouvelle manière d’agir et de penser ».

Alors, si vous êtes curieux de comprendre tout ce qui se joue dans une organisation, si vous souhaitez prendre pleinement conscience de ce qui se joue dans l’articulation entre « équilibre » et « mouvement » au sein de l’organisation que vous dirigez… Nous vous conseillons dans un premier temps d’essayer l’Hover-board… et puis que nous en discutions…

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